Référence : Maryse Condé, L’Évangile du nouveau monde, éditions Buchet-Chastel, septembre 2021

Les rêves réalisés de Maryse Condé

                   

« Mon dernier livre » disait-elle déjà en 2015 peu après sa maladie qui altérait sa voix et sa vue, à propos de son roman Mets et merveilles paru chez Jean-Claude Lattès. Depuis est paru Le Fabuleux et Triste Destin d’Ivan et Ivana, inspiré des attentats de janvier 2015 et cette année en 2021, L’Evangile du nouveau monde, basé sur le Nouveau Testament.

La genèse de ce livre, Maryse Condé en parle elle-même dans une interview au Monde des livres : « Il y a longtemps, j’ai lu Caïn, la relecture de la Bible de José Saramago. J’ai eu envie de faire comme lui, mais je n’ai pas osé. Après lui, J. M. Coetzee et Amélie Nothomb ont écrit des fictions qui sont des réécritures de la vie de Jésus. Donc, je me suis sentie libérée. Moi aussi j’avais le droit, j’étais libre d’exprimer mes pensées. »

                   

La nature des hommes et la place des dieux

La trame de l’histoire repose sur Pascal, un nouveau-né métis abandonné et trouvé par un couple pieux,
horticulteurs passionnés qui créent les plus belles roses du monde, couché sur la paille dans la cabane de leur jardin « Un dimanche de Pâques, un nouveau-né gisait sur la paille, entre les sabots de l’âne qui le réchauffait de son souffle. Madame Ballandra joignit les mains et murmura : "Un miracle ! voilà un cadeau de Dieu que je n’attendais pas, je te nommerai Pascal". »

         
Maryse Condé et Christiane Taubira

Cet enfant, elle le décrit ainsi : Le nouveau-né était très beau, le teint brun, les cheveux raides et noirs, des yeux d’un gris vert pareil à la mer qui entourait le pays.»  De plus, il est doté de certains pouvoirs, le monde lui apparaît plein d’injustices et il nourrit l’espoir de le changer. Rude tâche à laquelle il s’attelle sans tarder.

                       

Maryse Condé refuse cependant de verser dans le pessimisme et comme elle le confie dans une interview : « Quand j’étais petite, mes parents avaient une foi dans l’avenir qu’ils m’ont communiquée. Ils étaient convaincus que le monde deviendrait plus tolérant et que le racisme disparaîtrait entièrement. Les problèmes que je croyais voir résolus dans ma jeunesse existent encore aujourd’hui. Mais cette foi m’a nourrie pendant toute mon enfance. »

Voilà pourquoi elle n'a jamais baissé les bras et gardé son optimisme, toujours vigilante et fustigeant les défaitistes : « Déjà des milliardaires visent d’autres planètes, estimant que la Terre est condamnée. Moi je reste fidèle à ce désir de changer le monde. C’est peut-être naïf, mais c’est sincère. »

         
Maryse Condé lisant Ségou, 1986     Maryse Condé avec sa fille

Pascal décide de voyager, de rencontrer de nombreuses communautés pour mieux cerner ses origines et comprendre ce qu’il veut réellement. Même si elle bout devant les contradictions humaines, elle poursuit son combat contre les inégalités, le racisme, les discriminations féminines, et surtout pour la liberté. Ce qu’elle voudrait, comme Pascal, c’est agir sur le destin des hommes, les accompagner pour apaiser les haines, mettre du baume sur toutes les blessures mal refermées pour que se rencontrent encore les hommes de bonne volonté.

        
Autobiographie                                                                 Maryse Condé en famille

Voir aussi mes fichiers
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Le cœur à rire et à pleurer, autobiographie, 1999
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Les belles ténébreuses --
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Histoire de la femme cannibale --
***** La vie sans fards --

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