Référence : Philippe Delerm, "Les eaux troubles du mojito... et autres belles raisons d'habiter sur terre, éditions du Seuil, 114 pages, août 2015

« Alors? Alors c'est incroyable , mais pour profiter vraiment du soir d'été, il faut que vienne au cœur l'idée de sa fragilité , la sensation qu'on le vit pour la dernière fois ...»
Cet ancien professeur de français, admirateur de La Bruyère, Jules Renard ou Marcel Proust, est un amoureux inconditionnel de sa langue natale. Sa technique restitue des instants fugitifs,des sensations qui viennent souvent de l'enfance. C'est d'ailleurs une citation de Jules Renard qu'il a choisie de placer en exergue : « Le vrai bonheur serait de se souvenir du présent.» Journal, 9 octobre 1891
Après La première gorgée de bière, Philippe Delerm nous invite cette fois-ci à déguster du mojito. Boisson surprenante « à la fois opaque et transparente. Dans les verts bien sûr mais dans les noirs aussi, avec des zones un peu plus claires à la surface et des mystères insondables tout au fond de l'apnée.»
Un livre optimiste qui développent de belles raisons d'habiter sur terre, ou plutôt les met en lumière car elles restent assez souvent cachées, échappant à nos sens limités. Des petits plaisirs fugaces du quotidien comme recevoir en transparence « cet éclat de passé volant dans la minute pure... le contre-jour (dans les jardins) du Luxembourg.»

Les petits bonheurs du quotidien
« Avoir cela en soi. Entendre cela au fond de soi parfois, quand on marche à flanc de colline, sur un petit chemin à peine tracé . Sentir un mélange profond de joie et de tristesse, avoir la chair de poule . Se dire que la terre est habitée. »
Un livre optimiste qui développent de belles raisons d'habiter sur terre, ou plutôt les met en lumière car elles restent assez souvent cachées, échappant à nos sens limités. Des petits plaisirs fugaces du quotidien comme recevoir en transparence « cet éclat de passé volant dans la minute pure... le contre-jour (dans les jardins) du Luxembourg.»

Les petits bonheurs du quotidien
« Avoir cela en soi. Entendre cela au fond de soi parfois, quand on marche à flanc de colline, sur un petit chemin à peine tracé . Sentir un mélange profond de joie et de tristesse, avoir la chair de poule . Se dire que la terre est habitée. »
Pour cela, il faut "goûter" aux menus plaisirs de la vie, plaisirs fugaces comme aimer se faire surprendre par un orage, se laisser aller dans la douce torpeur d'une plage, aimer contempler un enfant qui est en train d'apprendre à lire (et qui lira sans doute du Delerm plus tard) ou goûter aux saveurs particulières du mojito.
Se sentir heureux, c'est d'abord savoir apprécier ces petits bonheurs à leur juste valeur et savoir se poser, se reposer et penser que Sisyphe puisse arrêter de rouler indéfiniment sa pierre.
