Référence : Marc Dugain, La volonté, éditions Gallimard, Collection Blanche, 288 pages, août 2021

             

Marc Dugain est un auteur aux multiples talents, aussi bien romancier, que scénariste, réalisateur et auteur de séries. Il s’est fait connaître pour son roman "La chambre des officiers", inspiré de son grand-père, "gueule cassée" comme on disait alors. Il a aussi écrit deux biographies sur des américains, "La malédiction d'Edgar" et  "Ils vont tuer Robert Kennedy", sur la Russie, celle de Staline et celle de Poutine dans "Une exécution ordinaire " ou encore un roman d’anticipation intitulé Transparence.

 Je suis depuis longtemps cet auteur qui écrit des livres que je trouve d'une grande force servie par un style nerveux, incisif. Ses biographies "américaines" m'avaient particulièrement intéressé, mais aussi des ouvrages où il aborde des thèmes de société comme Transparence et L'homme nu ou les dérives du système socio-politique dans la trilogie intitulée L'Emprise.

                       

Son nouveau roman La Volonté, est totalement différent puisque consacré à son père, victime du virus de la polio. C’est cette conjonction entre le virus, thème ô combien actuel et les masques contre les gaz délétères que son grand-père a utilisé pendant la Grande Guerre, qui l’a incité à suspendre ses projets en cours et à se lancer dans cette biographie familiale.

L’histoire de son père est aussi l’occasion de se plonger dans une époque riche en événements qui va du début de La Grande guerre et la fin de la décolonisation. Des histoires imbriquées de guerre, de maladies, de rencontres et de pertes. Le hasard des rencontres modèle la vie comme la rencontre avec cette jeune femme qui semble banale et que «  ni l’un ni l’autre ne sait qu’ils sont au seuil d’une histoire d’amour qui les accompagnera jusqu’à la mort. »

                     
 
Son père, fils de pécheurs bretons, va contracter le virus de la polio et être opéré à l'hôpital Necker. Mais il en sortira avec quelques séquelles et restera boiteux. Il réussira par devenir ingénieur en recherche atomique, s’installera à Grenoble avec ses deux fils mais le jeune Marc ne s’entend pas avec son père. Il en garde encore un sentiment douloureux, écrivant : « Je me suis épuisé tout au long de mon adolescence à lui résister, tuer le père qu’il n’était pas... »


Dugain et Valérie Benneton à Cabourg en juin 2021

L’adolescent rebelle et le père, un classique du genre auquel le jeune homme n’a pas échappé. Son remords, c’est un sentiment de gâchis, quand ce qui devient possible s’éloigne inéluctablement : « J’ai failli le rater de peu. Au moment où je l’ai vraiment connu et compris, où je l’ai vraiment aimé, où enfin j’allais pouvoir profiter de lui et de son estime, on me l’a arraché, comme si ce que nous devions construire ensemble nous était interdit. » Trop tard en quelque sorte. Avec ce constat que, contrairement à Marc, lui n’en a pas trop souffert puisqu’il ajoute : « Il est parti avec le sentiment d’avoir réussi tout ce qu’il avait entrepris, de n’avoir cédé à rien ni à personne. »
Est-il parti apaisé ou avec l’orgueil d’avoir été au bout de sa logique.

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