Référence : Collectif, Jean Lopez, Olivier Wieviorka, Les grandes erreurs de la Seconde guerre mondiale, éditions Perrin, octobre 2020

         
                                       Olivier Wieviorka donnant une conférence en 2017

Voilà un travail collectif d’envergure auquel se sont coltinés une équipe d'historiens et la rédaction de Guerres & Histoire, dirigées par Jean Lopez et Olivier Wieviorka.

À partir de leur analyse et des données recueillies sur le déroulement des grands événements qui ont marqués la Seconde guerre mondiale, ils peuvent affirmer que des décisions malheureuses et lourdes de conséquences ont été prises par les responsables politiques d’alors.

                            

Soit qu’ils aient été mal informés, soit que les hommes n’aient pas été à la hauteur de la situation, leurs décisions ont été lourdes de conséquences et ont coûté beaucoup de vies dans une guerre déjà très meurtrière.

Par exemple, si Hitler avait plus souvent écouté les responsables militaires au lieu de s’engager dans la bataille d’Angleterre, bataille d’usure que même les terribles V1 ne pouvaient remporter,  ou de s’échiner à prendre Stalingrad, ville symbole plutôt que ville stratégique, la face de la guerre en eût été changée.

            

De même du côté des Alliés, en mai 1940 la France s’est lancée tête baissée dans le piège de la percée en Belgique et en Hollande, ou en 1942 les Anglo-Américains voulurent absolument débarquer en Afrique du Nord… autant de décisions qui ont pesé sur la tournure de la guerre et sa durée.

Cependant, il n’est pas question de refaire l’histoire à la lumière de ces analyses, de faire de l’uchrologie (réécrire l'histoire à partir de la modification du passé) ou de la fiction mais d’essayer de cerner l’état d’esprit des décideurs et d’évaluer leur niveau de rationalité. C’est un très grand défi et une tâche éminemment complexe que se sont lancés les auteurs puisqu’il s’agit de déterminer les modalités de cette rationalité par rapport aux paramètres que les responsables politiques et militaires utilisèrent et qui aboutirent à un échec.

                    

Leurs décisions furent bien sûr des décisions humaines, avec tout ce qu’elles peuvent avoir d’imparfaites, reposant sur des moyens limités et des hypothèses spécieuses. Mais, ce qui explique aussi les ratées dans la conduite de la guerre, c’est l’ego des dirigeants, la volonté d’avoir raison, l’entêtement jusqu’au-boutiste, le carriérisme et les batailles de clans.

Les auteurs passent ainsi au crible vingt situations parmi les plus significatives, de la bataille de Stalingrad à Market Garden [1], des manœuvres japonaises dans le Pacifique à l’insurrection de Varsovie

           

Notes et références
[1] L'opération Market Garden est une opération aéroportée de septembre 1944 pour s’emparer des ponts hollandais occupés par les Allemands et les prendre à revers  mais elle subit un échec cuisant (voir aussi Arnheim, un pont trop loin)

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<< Christian Broussas • Grandes erreurs © CJB  ° • 13/10/ 2020  >>
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