Référence : Joël Blanchard, La Fin du Moyen Âge, éditions Perrin, 342 pages, 2020

La France à l’aube de la Renaissance

Le titre est déjà en soi une difficulté puisque les historiens ne sont pas d’accord pour fixer une date à la fin du Moyen Age.
Et c’est bien normal puisque les périodes historiques ne sont évidemment pas figées dans le temps. En l’occurrence, si on peut faire débuter cette dernière période à l’avènement des Valois avec le sacre de Philippe VI en 1328, les derniers soubresauts du Moyen Âge, butent selon l’auteur, sur Marignan en 1515 et le sacre de François 1er, ou selon d’autres auteurs, s’arrêtent par exemple à la fin de la Guerre de Cent ans en 1453.


Le livre d'heures de Marguerite d'Orléans, La chasse

En fait, c’est l’avènement des Valois qui va provoquer la guerre de Cent ans et précipiter le pays dans une guerre interminable qui va le déstabiliser et apporter bien des malheurs. Il faut attendre 1453 pour que la situation commence à s’améliorer et qu’il reprenne une place de choix en Europe

C’est en tout cas une époque en pleine mutation, très contrastée. On peut citer pêle-mêle la guerre de Cent Ans et les invasions, le combat entre Armagnacs et Bourguignons bien sûr mais aussi les guéguerres entre princes du sang, les "écorcheurs", les jacqueries contre l’impôt et les famines ou les vagues de choléra et de peste noire qui déciment les populations.

    
Biographies de Joël Blanchard

Il est vrai qu’avec toutes ces calamités, les temps sont difficiles au regard des « siècles lumineux » précédents des XIIème et XIIIème siècles comme on les a parfois qualifiés. Certains ont pu parler à cet égard « d’agonie » comme Michelet, pour la période qui couvre la guerre de Cent ans et comme le rappelle un critique, la comparaison est saisissante entre « les statues lumineuses du XIIIe siècle et les gisants aux traits tourmentés du siècle suivant. »

D’un autre point de vue, on peut noter une évolution constante dans le gothique et ses décorations, les décors et sculptures en particulier, depuis la rigueur quelque peu sévère du gothique primitif des débuts (XIIème et XIIIème siècles)

  La guerre au Moyen-Âge

En dehors de la politique, l’époque est vraiment riche dans le domaine culturel, les débats et discussions ne manquent pas, l’émulation constante et sont la marque d’un bouillonnement intellectuel remarquable. On est loin du délitement des périodes de fin de règne et d’une fin annoncée du Moyen Age.
Joël Blanchard insiste sur les « forces intellectuelles et spirituelles » qui, malgré les difficultés qui s’abattent sur le pouvoir politique, dominent quand même les espoirs d’une société secouée par les épreuves.

C’est bien le propos de l’auteur de réhabiliter un temps qui conduit à la paix, où le débat a peu à peu remplacé le fracas des armes, où le pouvoir royal est restauré, où les structures socio-économiques ont assez évolué pour permettre un passage en douceur à la Renaissance d’un pays qui est redevenu une grande puissance européenne et se permet le luxe d’aller guerroyer en Italie.

Et c’est bien en l’Italie que les Français vont découvrir l’explosion artistique du Quatrocento qui va bouleverser des arts comme l’architecture, la peinture et la sculpture, véritables marqueurs de la Renaissance.

    
Représentation, pouvoir et royauté à la fin du Moyen-Âge
Le siège de Rouen (1418-1419)

Voir aussi
* Julie Claustre, Olivier Mattéoni et Nicolas Offenstadt, "Un
Moyen-Âge pour aujourd'hui", éditions PUF, 600 pages, 2010
Julie Claustre, La fin du Moyen-Âge, éditions Hachette, Collection Carré d'histoire, 256 pages,  2015

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<< Christian Broussas, Fin du Moyen-Âge 18/02/2020 © • cjb • © >>
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