L'entrée du musée place des Terreaux                   Vue d'une salle de l'exposition

Cette exposition qui s'intitule « Penser en formes et en couleurs » est particulièrement importante puisqu'elle illustre le rapprochement entre le musée des Beaux-Arts (MBA) et le musée d’art contemporain de Lyon dans le « pôle musée » initié en 2018. 

              
Jawlanski  Tête de femme Méduse       Jean Dubuffet, Paysage blond, 1952
Lumière et ombre 1923

Cette décision impliquait aussi un rapprochement entre leur fond des artistes contemporains couvrant les XXe et XXIe siècle, les relations entre les deux collections et met l'accent sur les diverses approches d'artistes de cette époque autour du thème de la couleur.

L’exposition tire son titre d’un aphorisme de Georges Braque, qui fut publié en 1917 par Pierre Reverdy dans la revue Nord-Sud : « Le peintre pense en formes et en couleurs ».

        
1- Jean Bazaine Les comédiens 1947        2- Georges Braque Femme au chevalet 1936 
3- Fernand Léger, Les 2 femmes au bouquet, 1921

À travers quelque 120 peintures, sculptures, installations, dessins et objets, une soixantaine d’artistes représentatifs des deux collections seront présents dans l'exposition.
Parmi les artistes représentés, des peintres connus du XXe siècle, Robert Delaunay, Fernand Léger, Jean DubuffetHans Hartung ou contemporains comme Olivier Debré, Pierre Soulages, Serge PoliakoffJean Fautrier ou moins connus tels Georges Adilon, Steven Parrino, Alan Charlton, Bernard Aubertin, Lucio Fontana, Olivier Mosset, Christian Lhopital ou François Morellet.

               
Robert Delaunay Rythme 1934             Steven Parrino Turning Blue 1984

Les artistes choisis aiment exploiter toutes les possibilités de la couleur, vecteur de la façon dont les visiteurs la perçoivent. Ils recherchent aussi une certaine qualité vibratoire et lumineuse propre à la couleur, la capacité de simuler une impression de mouvement sur la surface plane de la toile.

Chaque tableau doit pouvoir donner une idée de l'intention du créateur et des conditions de sa création. L'exposition est délibérément centrée sur les liens, les associations entre les œuvres, sans souci de sen tenir à la chronologie. Elle est organisée par thématiques pour mieux mettre en valeur la filiation entre les œuvres retenues, au-delà des modes et des écoles.

       
Serge Poliakov Composition                   Hans Hartung Pas-72, 1948

L’exposition s’ouvre par l’ensemble Ambiente spaziale, de Lucio Fontana (1967), mettant en parallèle des effets de lumière noire et de peinture fluorescente, puis le tableau intitulé Rythme de Robert Delaunay (1934), basé sur les travaux du chimiste Michel-Eugène Chevreul. Toutes deux ont largement influencé l’utilisation de la couleur dans la conception d’une œuvre picturale.

     
Danseurs de Christian Lhopital et sculpture d'Etienne Martin - Olivier Mosset, Escort, 1987

La peinture Paysage blond de Jean Dubuffet, des séries Paysages du mental évoque des territoires imaginaires assez éloignée des techniques picturales occidentales, ce qui explique qu’on la rapproche parfois de la création collective des aborigènes Warlukurlang Panapardu jukurrpa, Flying Art Dreaming. Le tableau mural tout en longueur Painting in 36 parts d’Alan Charlton, ensemble de panneaux dans des tons de gris qui permet d’en avoir une vision structurée, rappelle les tonalités grisâtres dans les dessins de Fred Deux.

                            
Fernand Léger La botte de navets 1951     Bernard Aubertin Monochrome rouge A5

Autre exemple retenu : Le tableau La Botte de navets de Fernand Léger repose sur la dissociation entre le dessin et la couleur. Cette technique rappelle des œuvres plus récentes de Phil Sims dont le principe repose sur l’étendue du champ coloré, et de Steven Parrino dont le tableau Turning Blue utilise comme technique une toile entièrement bleue, détachée du châssis, froissée puis refixée dans une position différente pour remettre en cause l’objet tableau dans sa dimension et sa planéité.

 
Face à face, le bleu de Parrino et le jaune de Sims font pendant aux couleurs primaires de La botte de navets de Léger
Fred Deux, La patiente, 1972

Voir aussi
* La sculpture au MBA de Lyon --
* Expo Lyon, Présentation --

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