Référence : Jean-Claude Brisville, L’entretien de M Descartes avec M Pascal le jeune
Spectacle : Festival Théâtre sur un plateau, salle Salvert, Attignat/Montrevel en Bresse (Ain), août 2019
Acteurs et mise en scène Daniel et William Mesguish.

                     
                                                     Scène de L’entretien Descartes-Pascal

« Entretien entre eux hommes exceptionnel, deux intelligences hors norme qui ont chacun une vision particulière du monde. »

Jean-Claude Brisville s’est beaucoup intéressé aux personnages historiques contemporains qui se sont rencontrés (ou auraient pu se rencontrer) comme dans la plus célèbre de ses pièces, Le Souper, confrontation entre  Talleyrand et Fouché, qu’on a pu surnommer "les âmes damnées de Napoléon". Un dialogue succulent et une technique de Jean-Claude Brisville a utilisé plusieurs fois.

Cette fois, il s’agit des deux grands philosophes français du XVIIè siècle Blaise Pascal et René Descartes. Pas vraiment d’atomes communs entre les deux hommes c’est bien l’objet de la pièce, ce qui a dû intéresser Jean-Claude Brisville.

Ils sont aussi dissemblables que possible. D’abord, dans le port et la tenue. L’un arbore une tenue stricte, d’un gris aussi triste que la mine qu’il affiche. L’autre par contre, porte une espèce de redingote douillette multicolore, est tout sourire et semble en plein forme.

Très vite, le dialogue va se tendre entre eux. Blaise Pascal va orienter la discussion sur la question religieuse qui pour son interlocuteur semble être le cadet de ses soucis.  En fait, c’est pour cette raison qu’il est venu voir Descartes, lui proposer de signer une pétition en faveur de l’un des ses amis jansénistes, le père Arnault, qui défend une dont la dernière publication défend des positions radicales en matière de religion. 

                   
                                                          Scène du Souper

Après des échanges à fleurets mouchetés, Descartes décline poliment la proposition de son invité, ce qui n’est pas vraiment de son goût. Blaise Pascal est profondément blessé d’avoir été éconduit.
Le propos s’aigrit, Blaise Pascal récupère son par-dessus et fait mine de partir mais il est pris d’une malaise subit et doit s’asseoir. Il dit être en mauvaise santé, mourant sans doute avant Descartes, pourtant son aîné.

De fait, on découvre un Blaise Pascal en proie au doute, qui remet en cause l’important des mathématiques, lui le scientifique, portant aux nues le spirituel et le message de l’écriture. On découvre un Descartes qui se veut "au-dessus de la mêlée", passant le plus clair de son temps à l’étranger, se préparant après la visite de Blaise Pascal, à partir pour la Suède, invité par la reine Christine.

               
                                                               Scène de L’antichambre

La pièce, avec la confrontation en matière religieuse entre la tolérance de Descartes et l’intransigeance de Blaise Pascal, fait largement écho à une actualité trop souvent confrontée à la folie meurtrière et la volonté hégémonique de "fous de dieu".

Malgré la tension qui retombe à la fin de l’entrevue, il faut bien constater que chacun n’a fait qu’exprimer son point de vue et en fin de compte, est resté campé sur ses convictions, que leur discussion n’a fait que confirmer ce qu’ils pensaient déjà.

< Christian Broussas – Descartes Pascal - 5/08/2019 < • © cjb © • >>