Expo Vasarely : Le partage des formes

          

Son crédo : « L’art pour tous. »

Enfin ! diront en particulier les amateurs de l’œuvre de Victor Vasarely, une exposition au Centre Pompidou, consacrée à l’un des plus grands plasticiens des années 60-70. Excellente initiative consacrée au père de l’art optique puisque aucune exposition n’a eu lieu depuis plus de 50 ans.

     
Le partage des formes                                                                            Teer, 1984

L'Art optique… ce sont des œuvres qui jouent sur les formes géométriques et les couleurs pour créer des illusions d’optique méthodiques et scientifiques.
Au fil de l’exposition, le Centre Pompidou présente toutes les grandes étapes chronologiques de la vie de l’artiste, depuis sa formation dans les traces du mouvement Bauhaus jusqu’à ses dernières recherches et innovations sur les possibilités de la quatrième dimension.

Son œuvre remonte aux années trente quand il s’installe à Paris, créant des œuvres graphiques pour des agences de publicité. Puis pendant la seconde Guerre Mondiale, il fait la connaissance d’André Breton et de Jacques Prévert, s'intéressant aussi à des peintres abstraits comme Kandinsky, Mondrian, Malevitch ou Paul Klee.

         
 Harlequin sportif, 1988               Trivega, 1975                            Le jongleur, 1977

C’est au contact de ces artistes qu’il va concevoir l’Op' art, ces illusions d’optiques dont il systématise la technique de représentation. On y trouve surtout des figures géométriques, des lignes, des ellipses, des ovales, des carrés, des symboles pris dans des lignes de fuite qui transcendent les volumes, qui troublent le regard du visiteur soumis à un univers parallèle.

          
     Sérigraphie, 1985                           Lango- 7                             Quadrature

1955 marque un tournant dans son parcours : il rédige le Manifeste jaune où il définit l’Art cinétique, imposant un style très personnel. Ses toiles semblent en mouvement à travers sa technique basée sur des illusions d’optique.

L’art de Vasarely possède quelque chose de cellulaire. Il avait élaboré un alphabet plastique pouvant se combiner à l’infini. Ses œuvres ne doivent donc rien au hasard, reposant sur une grille qui établit des correspondances entre les formes et les couleurs.

     
     Keiho-C1, 1963            Vega-200, 1968             Orion- gris, 1969

Souvent, il a peint de grandes toiles, des supports pour de grands espaces, une œuvre totale comme on peut le voir à Aix-en-Provence, dans la Fondation Vasarely.  

Son œuvre est considérable puisqu’elle ne comprend pas moins de quelque 430 pièces originales et 20 000 tableaux et esquisses représentatives de sa technique. Le chanteur David Bowie utilisera par exemple l'un de ses tableaux pour la pochette de son album  "Space Oddity", belle reconnaissance qui en fait l’un des artistes les plus représentatifs de son époque.

         
      Vega-Lep, 1970                        Cheyt-M, 1970                 Composition rose 1980

Quelques œuvres célèbres

1- La série des « Zèbres »  qui date des années trente, présente des jeux graphiques multiples qui ont longtemps inspiré l’artiste. Elle annonce les ondes et vibrations de ce qu’on a nommé sa période cinétique. Dans Zèbres-A, on peut voir deux zèbres en relief dont les rayures noires ont l’air d’être en mouvement.
Il avait offert un mouchoir orné d’un zèbre à Andy Warhol, qui l’admirait beaucoup.

      
Zèbres-A, 1937                                    Tigres, 1938

2- À partir des années 1950, Vasarely se concentre sur le noir et le blanc, en particulier dans  sa célèbre période « Vega », où la déformation des damiers monochromes fait que les formes semblent s’éclater dans le plan pour créer d’autres volumes qui s’enfoncent dans la surface ou la crèvent.
Il sépare le blanc considéré comme la couleur ou la lumière et le noir considéré comme l'anti couleur ou l'ombre, l'œuvre "noir-blanc" apparaît bomme "plus colorée".

           
Vega III, le damier mouvant, 1957            Illusions optiques- 4

3- L’impression de mouvement provient du fait que « forme et couleur ne font qu’un ». L’ensemble est constitué d’alignements géométriques horizontaux et verticaux, rehaussés de nuances dégradées provoquant des effets visuels. On parle à ce propos « d’alphabet plastique » qui capte le regard vers les sombres formes centrales avant d’en avoir une vue synoptique.

     
Alom ou "l’alphabet plastique"                            Kroa-MC ou le "Rubik's Cube"

4- Avec ses cubes en aluminium et ses reflets colorés, Kroa-MC est une sculpture articulée qui s'apparente à une espèce de Rubik's Cube géant. Par ses formes interchangeables, il devient un objet qui permet de se renouveler à l’infini, comme une œuvre inachevée.

5- En 1972, la régie Renault lui demande de réaliser une nouvelle version de son célèbre losange. Celui de Vasarély aura des stries parallèles et, sans commencement, ni fin, deviendra le symbole de l’infini.

        
Le losange Renault         Jeux olympiques, 1972        Illusions multiples

Complément : La fondation Vasarely à Aix-en-provence

L'art optique tel qu'imaginé par Vasarely , au coeur du bâtiment luminocinétique qu'il a créé.

   

Au rez-de-chaussée : seize modules à base hexagonale, imbriqués dans un vaste jeu de construction, présentent 42 intégrations architecturales monumentales. Des oeuvres réalisées à partir de multiples matériaux (métal anodisé, tapisserie, céramique, émaux et verre sérigraphié).

    

A l'étage : un espace dénommé "Lucien Arkas" expose douze oeuvres de ce collectionneur passionné par Vasarely. Le parcours de visite est fait pour pouvoir découvrir son univers plastique à travers quelque 200 créations et documents originaux.

 

<< Christian Broussas – Vasarély- 30/04/2019 • © cjb © • >>