Le « royal monastère » de Brou à Bourg-en-Bresse
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Ce monument, considéré comme un chef-d'œuvre du gothique flamboyant, ce gothique tardif du XVè siècle, a été construit par Marguerite d'Autriche pour honorer son mari Philibert le Beau, mort trop tôt.

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                 L'église de Brou : extérieur, nef et fronton 
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Le monastère de Brou se trouve au sud de Bourg-en-Bresse, édifié suer une terre quelque peu marécageuse –on est à proximité des étangs de La Dombes- qui s'étend à l'ouest du Revermont, des premiers contreforts du Jura. Il abrite de somptueux tombeaux, ceux de Marguerite de Bourbon, de son fils le duc de Savoie Philibert le Beau et de sa bru, Marguerite d'Autriche. La duchesse de Savoie était la fille de l'empereur Bourgogne, fille unique et héritière du duc de Bourgogne Charles le Téméraire.

Les tombeaux des deux époux, sculptés dans le style contourné de cette époque, en baldaquins de pierre comportent dans leur partie supérieure un « gisant » qui représente le défunt de son vivant, en tenue d'apparat, et au-dessous, un « transi » qui le montre dépouillé dans la mort.

Espérant par ce moyen obtenir la guérison de son mari, Marguerite de Bourbon avait fait le vœu de construire une église et un monastère à cet endroit, sur l'emplacement d'un modeste prieuré des Augustins. Mais elle mourut avant d'avoir pu accomplir ce vœu et elle le transmit à son fils Philibert qui, malheureusement, mourut lui-même très jeune, après trois ans de mariage. Ce fut ainsi à sa femme Marguerite d'Autriche qu'il incomba d'accomplir ce vœu.
 
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Philibert le Beau : tombeau et gisant
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Une duchesse de bonne réputation

Le parcours de Marguerite a été semé d’embûches. Née en 1480 à Bruxelles, elle fut fiancée à l’âge de trois ans au futur roi de France Charles VIII et répudiée à onze ans, quand Charles VIII fut « obligé » d’épouser Anne de Bretagne pour garder son duché à la France. Elle se maria finalement à un infant d'Espagne et devenue veuve, elle se remaria avec Philibert le Beau et connut auprès de lui quatre années de grand bonheur. Veuve une seconde fois, elle se consacra alors à l'éducation de son neveu, le futur empereur Charles Quint et à la construction du monastère de Brou.

Nommée par son père Maximilien gouverneur général des Pays-Bas en 1506, elle s’installa à Malines, ville de la Belgique actuelle. Fine politique, elle sut maintenir malgré des temps difficiles, la paix dans ses domaines, y compris en Franche-Comté et parvint en particulier à négocier avec Louise de Savoie, la mère de François 1er, la paix de Cambrai qu’on appelle le plus souvent la « paix des dames ». Sa culture flamande explique que c’est dans ce style que Marguerite d'Autriche entreprit la construction du « royal monastère » de Brou, qu'elle n'eut par ailleurs jamais l'occasion de visiter. 

Marguerite dAutriche.jpg        Brou marguerite d'autriche.jpg  Marguerite d'Autriche et son gisant
<<< Christian Broussas - Feyzin, 19/12/2012 - <<© • cjb • © >>>