L'exposition Erró à l'espace Rebeyrolle d'Eymoutiers
Erró, la confusion du monde

   
Erró dans son atelier à Paris, 2017

Le peintre Erró [1] a lui-même participé au vernissage de son exposition « Erró, la confusion du monde », que lui a consacré l’espace Rebeyrolle à Eymoutiers dans la Haute-Vienne. [2] C’est un gros travailleur qui est dans son atelier de 7 heures du matin à 7 heures du soir. « C’est au travail que je me repose. Et le temps passe très vite » dit-il.

Cet islandais d’origine est devenu un peintre célèbre avec ses amis du mouvement de la Figuration narrative comme Fromanger et Arroyo mais il reste infatigable, travaillant actuellement avec des des céramistes portugais sur des murs monumentaux en Islande.

      
Affiche de l'expo                                              
God bless Bagdad 2001

Vieil ami de Paul Rebeyrolle quand ils arpentaient les rues de Montmartre, Erró a retrouvé avec émotion à Eymoutiers Nathalie Rebeyrolle qui dirige maintenant l’espace culturel qui porte son nom. Erró a été impressionné par le site d’Eymoutiers et les toiles monumentales de Paul Rebeyrolle. Avec Philippe Piguet, commissaire de l’exposition, il a parcouru les différentes salles d’exposition on pouvait admirer une trentaine de peintures grands formats choisies dans la collection de l’artiste.

    
Les cartes de Badman 2015                                   Maximilien le Coréen, 1987

Même si l’exposition ne se veut pas une rétrospective, on y trouve les grands thèmes qui parcourent son œuvre : le machinisme, le pouvoir, l’argent, l’ordre social et jusqu'à la longue marche de Mao... autant d’œuvres qui se nourrissent d’abord de l’écho du monde contemporain. [3]

Erró donne quelques explications sur sa manière de faire : il puise dans sa bibliothèque d’images qu’il a réunies tout au long de sa vie, qu’il a découpées dans des revues, des catalogues… Une fois imprimées, découpées, elles seront ensuite le matériau de ses collages : « Je fais une maquette que je projette sur une grande toile, puis, je passe au travail du dessin et enfin à la peinture glycérophtalique. »

  
The silver surfer 1985                                                              Tears for two 1962-63

Son atelier est ainsi envahi par des montagnes d’images, symbole de notre temps, destinées à être assemblées pour composer d’immenses toiles, miroirs ironiques de notre monde moderne et de ses mythologies politiques, culturelles, médiatiques. Mais sous ce désordre apparent se dessine une composition rigoureuse qui fait contrepoids à la profusion des images et des couleurs.

« Erró ne se veut pas l’interprète du monde ou de la pensée », précise Philippe Piguet. « Il se pose en une sorte de chroniqueur des événements courants, un reporter qui livre des significations nouvelles ».

   
Les origines de Pollock 1966            Femme au toucan           La longue marche de Mao  

Notes et références
[1] Erró, de son vrai nom
Gudmundur Gudmundsson, est né en 1932 à Ólafsvík, dans le nord    -ouest de l’Islande. il fait l’école des Beaux-Arts de Reykjavík puis se rend en Norvège où il étudie la gravure, la fresque et la peinture. C'est en 1958 qu'il se fixe à Paris.
[2] L'espace Paul Rebeyrolle, route de Nedde, 87 120 Eymoutiers -
Internet : espace.rebeyrolle@wanadoo.fr et www.espace-rebeyrolle.com

[3]
La peinture est la forme privée de l’utopie, le plaisir de contredire, le bonheur d’être seul contre tous, la joie de provoquer. Il révèle et dénonce les aberrations de notre société : consommation dirigée, érotisme mercantile, révolutions, américanisation de l’existence…

 
Cité intégrée 1959, triptyque                               Millet et les femmes fatales, 1995

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