Référence : David Foenkinos, Vers la beauté, éditions Gallimard, 224 pages, mars 2018

« Chacun cherche son propre chemin vers l'apaisement et la consolation. »

           
                                                                                               
Modigliani, Jeanne Hébuterne

Antoine Duris est professeur aux Beaux-Arts de Lyon. Du jour au lendemain, il décide de tout quitter pour devenir gardien de musée, à Orsay. Personne ne connaît les raisons de cette reconversion ni le traumatisme qu'il vient d'éprouver. Pour encore avoir la force de vivre, il n’a trouvé comme solution d’aller vers la beauté. Voilà pour la façade, mais on comprend qu’il existe un secret et qu’une jeune fille, Camille, qui ne parvient pas à oublier le drame qu’elle a vécu.

Mathilde Mattel, la DRH du musée, est très intriguée par cet homme bizarre et taciturne qui parle parfois doucement aux tableaux…
« Il s’approcha du portrait de Jeanne Hébuterne. Quel privilège d’être ainsi en tête-à-tête avec un chef-d’œuvre de la peinture. Bouleversé, il chuchota quelques mots. Il n’entendit pas Mathilde Mattel s’avancer. Elle resta d’ailleurs un instant à observer cet employé figé devant un cadre ; une contagion de l’immobilité. Elle finit par demander doucement :
— Vous parlez au tableau ?
— Non… pas du tout, balbutia-t-il en se retournant.
— Vous faites ce que vous voulez de votre vie privée. Cela ne me regarde pas, dit-elle en souriant. »

         

 C’est dans L’idiot, le célèbre roman de Dostoïevski, qu’on trouve cette phrase : « C’est la beauté qui sauvera le monde ». David Foenkinos avait même pensé à la mettre en exergue puisque dit-il, « il s’agit d’un personnage qui, après avoir vécu un traumatisme, tente de se sauver en s’approchant de la beauté. »

Se tourner vers la beauté, changer de vie n’est pas un acte délibéré, « fragilisé par ce qu’il a vécu, il s’en remet à son intuition. […]Chacun possède son propre chemin de la consolation, et ce n’est pas toujours lié à une décision réfléchie. »

Antoine et Mathilde sont deux être timides, ce qui d’une certaine façon les libère, mais surtout ils sont confrontés à un tournant de leur vie où beaucoup de choses deviennent possible. À travers le personnage de Camille, c’est la peinture qui devient l’art majeur, celui qui  « fait intervenir à la fois le corps et l’esprit. » La vie d’Antoine est un mystère tant qu’il manque des pièces au puzzle de sa vie et qu’on avance dans la vérité de son être.

      

« C'est son corps qui le pousse vers le beau » dit-il dans une interview à Europe 1. Pour son héros, Antoine Duris, c'est en se tournant "vers la beauté" qu'il trouvera le chemin de la guérison. « Lui, c'est ça : être face à une œuvre qu'il admire, face à la beauté. » Antoine, parce qu’il a vécu quelque chose d’effroyable, est tenaillé par la culpabilité. « Son corps le pousse vers ce qui pourra l’apaiser. Et je pense que l'on a, de plus en plus, besoin de ça. »

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