Description de cette image, également commentée ci-après     Tanguy Viel

Référence : Tanguy Viel, " La disparition de Jim Sullivan", Éditions de Minuit, mars 2013, isbn 2-7073-2294-6

Tanguy Viel a décidé d'écrire "un roman américain", [1] autant pour dépasser le cadre de l'environnement français que comme prétexte pour réfléchir à l'écriture littéraire par une "mise en abyme" où il raconte comment il écrit son "roman américain".

Au début, c'est un scénario totalement lisse qu'il nous offre, la belle vie de Dwayne Koster et de sa famille, cliché d'une certaine  famille américaine :  une femme Susan, deux enfants, une belle maison dans un quartier chic de Detroit, un poste d'enseignant à l'université, des voisins et amis sympas et une liaison avec l'une de ses étudiantes pour pimenter le tout. Mais sa belle vie va basculer quand sa femme le quitte pour vivre avec Alex Dennis, un de ses collègues qu'en plus il déteste, un homme ambitieux qui gagne toujours au poker.

L'auteur a dû prendre un malin plaisir -qui est aussi le nôtre- à décrypter les codes de la littérature américaine dans un roman qui a vraiment l'air américain, à analyser la cuisine littéraire, les ingrédients pour fabriquer de l'art -américain en l'occurence- avec comme piment une bonne dose d'ironie critique. Il nous explique malicieusement les chemins qu'il compte emprunter, la structure de l'intrigue, le choix des lieux, l'ordre d'apparition des personnages, ainsi que ses doutes et ses tâtonnements. Il instille peu à peu  les clichés qu'il pense être ceux des romans américains comme un héros divorcé, âgé de 50 ans, qui enseigne la littérature à l'université, prend un jeune amante qui bosse dans une cafeteria, roule dans une vieille Dodge...

Sur la trame scénarique, on peut faire le lien avec le roman de Joël Dicker, La vérité sur l'affaire Harry Quebert, [2] qui se présente aussi comme roman policier et réflexion sur l'écriture d'un roman à succès.

        dodge Dodge coronet années 60

Notes et références

[1] Plusieurs critiques littéraires y voient du Philip Roth ou du Joël Dicker

[2] Joël Dicker, La vérité sur l'affaire Harry Quebert, Éditions de Fallois, 2012, isbn 2-8770-6816-1

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