L'écrivain et historien Jules Michelet

<<<<<<<<<<<<<<< La vie et la carrière de l'historien Jules Michelet >>>>>>>>>>>>>>>>>
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Jules Michelet est né le 21 août 1798 dans une chapelle désaffectée dans le quartier des Halles, à l'angle du 14 rue de Tracy et de la rue Saint-Denis. Son père est un petit imprimeur dont l'atelier est situé 6 rue des Bons-Enfants. La vie est difficile pour ce petit imprimeur qui a subi les rigueurs du Premier Empire. Pendant toute sa jeunesse, ils déménagent souvent : rue Montmartre, rue du Jour puis rue Française en 1800-1802 ; au 10 rue des Saints-Pères, boulevard Saint-Martin, rue Notre-Dame de Nazareth en 1809-1811, année où son père ferme son imprimerie. Le périple dans Paris continue rue du Carême-Prenant, rue de Périgueux, entre 1812 et 1814, année où il perd sa mère.

                   

Son père devient alors gérant d'une maison de santé située 7 rue de Buffon près du Jardin des Plantes, Jules âgé de 16 ans entre au collège Charlemagne étudier la philosophie et les lettres. Mais la maison de santé ferme en 1818 et ils déménagent au 49 rue de la Roquette où ils resteront 10 ans. Heureusement, le jeune homme est doué, va passer l'agrégation et être nommé professeur au collège Charlemagne, à l’École Normale en 1827 puis trois ans plus tard, est nommé par Guizot, ministre de l’Intérieur et son ancien professeur, chef de la section historique des Archives Nationales. Il publie un Précis d’histoire moderne et les Principes de la philosophie de Vico.

Le philosophe italien l'influence beaucoup, lui qui partait de la réalité vivante de l'histoire gouvernée par la Providence. A ce moment-là, il s'est rapproché de la royauté et de l'Église et va ainsi bénéficier des faveurs du pouvoir. Le roi Charles X le charge de s'occuper de l'éducation de la fille de la duchesse du Berry puis en 1831, il sera précepteur de la princesse Clémentine, fille du roi Louis-Philippe et suppléant de Guizot à la Sorbonne trois ans plus tard. Mais peu avant la Révolution de 1848, il reviendra à ses origines ouvrières, contestant souvent le pouvoir en place. Il va alors marquer de son empreinte la signification de l'histoire telle qu'on la concevait jusque là, et toute l'historiographie française. [1]

              
                                      Athénaïs Mialaret, sa seconde femme

Il va publier à partir de 1833, les deux premiers tomes de son Histoire de France, (jusqu’à la mort de Saint-Louis) qui comptera 23 tomes), ce qui lui permettra d'obtenir en 1838 une chaire d’histoire et de morale au Collège de France. Sur le plan personnel, après son veuvage en 1839, il s’éprend de la mère d’un de ses élèves, madame Poullain-Dumesnil, propriétaire du château de Vascœuil. Elle décède en 1842 mais son ancien élève Alfred Poullain-Dumesnil va bientôt devenir son gendre et il continuera de fréquenter le château de Vascœuil, goûtant particulièrement la douceur des paysages. [2]

Son anticléricalisme va déclencher une polémique au Collège de France en 1843 avec son cours sur les Jésuites qu'il ne ménage pas, avec l'aide de son collègue et ami Edgar Quinet; leurs cours seront finalement suspendus, en 1845 pour Quinet et 3 ans après pour Michelet. Il habite alors au 45 rue de Villiers [3] et fréquente le salon de Marie d’Agoult, rue Neuve-des-Mathurins, où il rencontre des hommes comme Lamennais, Tocqueville ou Ernest Renan.

                   

Il ne participe pas directement à la Révolution de février 1848, mais pense désormais qu'il doit participer à l'éducation du peuple dont il est issu, d'aider à la prise de conscience de son rôle comme celui d’un éducateur qui initie le peuple aux bienfaits et aux avantages de la République. Avec son ami Quinet, il reprend en mars son cours au Collège de France. Les événements de juin et la répression l'atteignent particulièrement, « que la mémoire de ce jour soit abolie », note-t-il dans son Journal le 23 juin puis décide de se replonger dans son Histoire de la Révolution française. [4]

Son approche de l'histoire s'appuie sur un humanisme symbolique où il conçoit la France comme une entité vivante. Après le coup d’État bonapartiste de décembre 1851, il perd son poste au Collège de France, où ses cours avaient repris puis, refusant de prêter serment au nouvel empereur, il est aussi destitué de son poste aux Archives nationales. Il fait alors quelques voyages puis revient à Paris en 1854 où il loge au 44 rue de l’Ouest [5] et poursuit l’écriture de son Histoire de France ainsi que des ouvrages portant sur les sciences naturelles. Il meurt le 9 février 1874 à Hyères, au 1 avenue du Général de Gaulle, sur les bords de la Méditerranée où il avait pris l'habitude de se rendre pendant la mauvaise saison.

   Sa tombe au Père Lachaise

Autobiographie
Sa femme Athénaïs Mialaret a fait paraître des fragments de son Journal, "Ma jeunesse" en 1884 et "Mon journal" en 1891, mais il faudra attendre l'année 1959 pour que paraisse la version intégrale de son Journal.

Références

[1] On peut définir simplement l'historiographie comme étant l'étude de l'écriture de l'histoire ou la "science de l'histoire", la manière dont elle est écrite.
[2] En 1846, année de la mort de son père, il publie Le Peuple, livre largement autobiographique écrite à Vascoeuil.
[3] Devenue depuis la rue Guersant.
[4] Son "Histoire de la Révolution française" paraît en 7 volumes entre 1847 et 1853.
[5] qui est depuis devenu le 76 de la rue d’Assas

      <<<< Christian Broussas - Feyzin, 27 mars 2013 - << © • cjb • © >>>>