Auschwitz, retour sur l'histoire

Auschwitz, enquête sur un complot nazi est un essai historique de l'historien Florent Brayard, spécialiste de cette époque et de la solution finale.

1- Présentation

Selon Florent Brayard, certaines hautes personnalités nazies ignoraient l’existence des camps d'extermination, analyse contestée par certains de ses confrères. [1]

                          
Le livre de Florent Brayard              Florent Brayard

Depuis les nombreux témoignages reçus pendant le procès de Nuremberg, ce qu'on a appelé " la solution finale" visant la population d'origine juive était classée secret d'état par les plus hautes instances nazies. Elles avaient piloté les déportations à l'est de l'Europe et programmé leur élimination. Cependant, si l'on s'en tient par exemple au Journal de Goebbels, il écrit qu'il n'a pas eu connaissance de l'ensemble du programme mis en application et de l'extermination systématique.

On peu se demander s'il constituait une exception ou si cette ignorance relative était partagée par d'autres, si en particulier le grand secret qui entoura Auschwitz ne fut partagé que par un cénacle restreint de dignitaires.

A cet égard, les archives sont imprécises et lacunaires et ne permettent pas de trancher entre une volonté d'extermination et une transplantation des juifs dans l'Est européen. Florent Brayard se demande si la solution finale ne constituait pas une telle transgression dans l'esprit de certains hauts nazis par rapport aux valeurs allemandes, qu'ils préférèrent occulter leurs véritables objectifs. [2]

Peu de choses transpirèrent lors de la conférence de Wannsee et ce n'est qu'en octobre 1943 et le discours de Himmler à Posen que les choses furent un peu plus claire. La "solution finale" fut plus qu'un secret mais un véritable complot. [3]

Dans son article "Repenser la Solution finale", [4] Nicolas Patin se demande « qui savait ? » parmi les dignitaires nazis, sans doute tout ceux qui étaient proches du pouvoir, qui cautionnaient même officieusement ce processus d'assassinat, malgré la tendance qu'on a vue à Nuremberg de plaider simplement l'ignorance pour mieux s'innocenter, malgré les tentatives de disculpation telle a pu le faire un homme comme Albert Speer. Il reconnaît malgré tout la volonté de Florent Brayard de mettre en doute certains a priori, de réexaminer cette tranche d'histoire qui continue de faire débat.

Même si, « contrairement à certaines idées tenaces, la Shoah n’est pas un sujet figé dans le marbre, » [5] l'hypothèse de Florent Brayard est très contestée, en particulier par Christian Ingrao, directeur de l'Institut d'histoire du temps présent. [6]

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 Goering et Goebbels en 1943 Les accusés de Nuremberg

2- Commentaires et références

« Cet ouvrage n’est pas une nouvelle étude sur le mécanisme de la Shoah, mais plutôt un exercice, à l’échelle de l’État nazi et de son fonctionnement, comparable à celui de Christopher Browning pour ses « Allemands ordinaires. » Gilles Ferragu, maître de conférences en histoire contemporaine à l’université Paris X – Nanterre et à l’IEP de Paris, L'actualité du livre, 21/02/2012

« Florent Brayard... démontre que le ministre de la Propagande était loin d'être bien informé de la Solution finale et esquisse une théorie du complot dans le Troisième Reich, à l'intérieur même des sphères dirigeantes» François Delpla, Médiapart le 11 Février 2012

« Florent Brayard affine l'analyse du déroulement de la Shoah en dévoilant le black-out initial de la direction nazie, soucieuse de ménager l'opinion sur le sort des Juifs allemands et d'Europe de l'Ouest... » Marc Semo - Libération du 2 février 2012

       
Auschwitz, baraquement                     L'entrée avec "Le travail rend libre"

Édition

  • "Auschwitz, enquête sur un complot nazi", Paris, Éditions du Seuil, collection "L'Univers Historique", 530 pages, 2012, (ISBN 978-2-02-106033-1)

Notes et références

[1] ↑ Voir l'article de France Info du 22 février 2012
[2] Journal de Goebbels
[3] ↑ Voir le débat entre Florent Brayard et Annette Wiewiorka qui s'est tenu sur France 5 dans l'émission "Le Grande librairie" de François Busnel le jeudi 1er mars 2012
[4] ↑ Repenser la Solution finale
[5] ↑ Edouard Husson, "Florent Brayard abuse du mot "complot"", Le point, n°2055 (2 février 2012), pp. 70-71
[6] ↑ Le Figaro

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Christian Broussas - Feyzin, 7 janvier 2013 - © • cjb • © >>>>